Kinshasa/Windhoek, 26 septembre 2026 La République démocratique du Congo et la Namibie ont entamé de nouvelles discussions ce samedi autour de l’optimisation du corridor de développement Walvis Bay–Ndola–Lubumbashi (WBNLDC), un axe logistique stratégique long de plus de 2 500 kilomètres qui relie le port namibien de Walvis Bay au Katanga congolais, en passant par la Zambie.
Un axe vital pour les exportations minières
Ce corridor, dont l’accord tripartite remonte à 2010, constitue depuis plusieurs années une alternative essentielle pour l’évacuation des minerais du sud-est de la RDC cuivre et cobalt en tête vers les marchés internationaux, en contournant les circuits traditionnels d’Afrique australe et orientale. Le cuivre extrait dans la région du Katanga transite ainsi par la route jusqu’à la côte atlantique namibienne avant d’être exporté vers l’Europe et l’Asie.
Pour Kinshasa cet accès alternatif à la mer représente un enjeu de souveraineté économique autant que de compétitivité : réduire la dépendance aux ports de l’océan Indien et diversifier les débouchés commerciaux du pays enclavé qu’est, de fait, le Katanga.

La Namibie muscle son dispositif
Du côté namibien, plusieurs décisions récentes témoignent d’une volonté de consolider ce partenariat. Le gouvernement de Windhoek a approuvé un accord de siège avec le comité de gestion du corridor, destiné à ancrer institutionnellement la coopération régionale et à fluidifier les échanges transfrontaliers avec la Zambie et la RDC. Un projet de modernisation de la ligne ferroviaire, aux normes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), est également à l’étude.
Sur le plan financier, un mécanisme de redevance a été instauré : les transporteurs doivent déclarer le poids de leur cargaison auprès de l’agence namibienne des recettes au passage frontalier, avant de s’acquitter d’une taxe reversée en partie au fonctionnement du secrétariat permanent du corridor.
Des chantiers encore ouverts
Les discussions tripartites antérieures avaient déjà mis en lumière plusieurs points de friction : l’harmonisation des frais de transit et des taxes douanières entre les trois pays, l’allongement des horaires d’ouverture des postes-frontières, ainsi que la nécessité pour la Zambie de ratifier pleinement l’accord initial. L’ouverture d’un consulat namibien à Lubumbashi avait également été évoquée pour simplifier la délivrance de visas aux opérateurs économiques.
La rencontre de ce samedi entre responsables congolais et namibiens s’inscrit dans cette continuité, avec l’ambition affichée de transformer ce qui reste avant tout un corridor de transport en véritable corridor de développement économique partagé entre les trois nations.
Zeus